Interview de Xavier MAJOREL
CRO Lyon

Après cette première journée, que penses-tu de la nouvelle formule du championnat des clubs ?
C’est un peu court pour s’autoriser à faire un bilan, mais j’ai l’impression que cette formule manque de rythme notamment au 2ème tour.
Le fait de débuter sur les chapeaux de roue avec les tirs rapides et d’enchainer avec les combinés et les précisions crée une cassure qui rend ce 2ème tour un peu tristounet.
Le tour de traditionnel sera souvent décisif, mais globalement il sera moins déterminant que dans l’ancienne formule.
Mais ce n’est qu’une 1ère impression.
Tu entames ta 19ème saison au club, quel bilan fais-tu et comment as-tu vécu ses années au sein du club ?
Toutes ces saisons passées à la CRO sont pour moi une belle aventure sportive et humaine.
Je dois beaucoup à Bernard CHEVIET et à Henri FRANCESCHINI qui ont facilité mon arrivée dans ce club où j’ai toujours trouvé des dirigeants à l’écoute, un staff technique disponible et volontaire et des joueurs aussi talentueux qu’attachants.
Depuis ton arrivée au club, quelle a été ta meilleure saison ? Et celle du club ?
2011 a été fructueuse avec Bellecour, 2 titres nationaux (précision et double), la finale en simple et la demie en quadrette.
2006 a été pas mal aussi avec le titre retrouvé en club, la Coupe d’Europe, le championnat d’Europe en double avec Fred POYET et Thuellin.
2006 a été un grand millésime aussi pour la CRO avec une moisson de titres en traditionnel en plus des Clubs et de la Coupe d’Europe.
Quel est ton meilleur souvenir sous les couleurs de la CRO ?
La 1ère Coupe d’Europe décrochée en 2004 a été un grand moment. Après 15 années d’échecs français, c’est une victoire à la quelle plus personne ne croyait vraiment.
Quel est ton plus mauvais souvenir sous les couleurs de la CRO ?
L’échec en ½ finale de la Coupe d’Europe en 2010 à Ivrea, alors qu’on avait gagné le match aller à domicile et qu’on menait 8 à 0 au retour.
On s’est finalement incliné 8 à 12 et Ivrea a remporté cette coupe la semaine suivante.
Ton épreuve préférée ?
Le double car c’est un rythme qui me convient, mais à mon avis, rien n’est plus spectaculaire qu’une partie de quadrettes très disputée.
Tu as gagné à 4 reprises le 256 simples de Thuellin, laquelle des victoires a été la plus belle ? La plus difficile ?
La plus belle est la première en 1996, c’était ma 1ère participation à cette compétition et la victoire était complètement inattendue.
Chaque édition gagnée a connu des parties difficiles.
En 1996, c’est la finale contre Birolo remportée 11 à 9 après qu’il ait annulé à 9 reprises, en 1997, c’est la première partie où j’étais mené 7 à 0, en 2004, c’est la ½ finale gagnée contre Grail, alors qu’il menait 10 à 4 à 2 mènes de la fin du temps et en 2006, c’est aussi la ½ finale remportée contre Pautassi 10 à 9, alors qu’il avait mené toute la partie.
Equipe de France
Après le mondial de Grude en 2007, tu as pris ta retraite « internationale », Pourquoi ?
J’ai porté le maillot tricolore pour la 1ère fois en 1987 et j’ai été régulièrement sélectionné jusqu’en 2007.
J’ai vécu une formidable aventure avec des joies et des déceptions, mais au bout de 20 ans, j’ai considéré que j’avais fait mon temps et que les championnats sur une semaine parfois plus n’étaient plus pour moi.
Je me suis donc retiré sans regret et sans état d’âme, c’est une période dont je garde le meilleur souvenir.
Tu as été le premier champion du monde de simple, cette victoire est-elle la plus belle ?
Cette victoire est certainement la plus belle car c’est l’unique titre mondial que j’ai remporté, de plus à domicile devant un bon public et devant les caméras de Pathé Sport.
Ça a eu vraiment un grand retentissement et ça a boosté dans ma carrière bouliste.
Les 2 Béraudier et le championnat d’Europe en double sont aussi de très grandes satisfactions.
Quel est ton regret avec l’équipe nationale ?
Ne pas avoir remporté le titre mondial en double, notamment en 2005 à Turin où avec Poyet, nous avons réalisé un parcours sans faute jusqu’en finale et nous nous sommes inclinés 8 à 6 contre un double slovène survolté.
Quel joueur Français t’a le plus impressionné ? (traditionnel)
Plusieurs joueurs m’ont impressionné par des coups d’éclat ponctuels, mais je citerais peut-être Perras qui est le joueur français de ma génération qui avait, et de loin, le potentiel le plus important.
Si tu étais sélectionneur, quels joueurs retiendrais-tu pour disputer le mondial en quadrettes ? (5 ou 6 joueurs)
Comme j’ai envie d’être acteur plutôt que spectateur, je miserais sur 4 anciens de la CRO : Titi Dubuis, Fréd Poyet, Fabien Amar et moi.
International
Qui est le meilleur joueur mondial sur le circuit ? (traditionnel)
Actuellement, je pense que Janzic est vraiment au dessus du lot sportivement et mentalement.
Quelle est la meilleure formule pour un Championnat du Monde parmi les 3 testées ?
- (Quadrettes ou Doubles) + Précision + Progressif
- Par équipe (double + simple + combiné) + Précision + Progressif
- Comme actuellement
La formule actuelle n’est pas mal. Personnellement, je retirerais le combiné que je considère plus comme une épreuve d’entraînement que de compétition. Par contre, il faudrait que les nations majeures aient droit à plusieurs qualifiés pour tirer ce championnat vers le haut.
Quelle quadrette t’a le plus impressionné ?

En 1989, au championnat de France quadrettes à Montpellier, j’ai été vraiment ébloui par l’équipe Cheviet, Noharet, Combet et Perrier qui a sorti des parties d’enfer de 4h et plus pour remporter le titre.
Chaque joueur était à son véritable poste et la jouerie était plaisante.
Si tu devais donner la « dream team » de tous les temps, comment monterais-tu la formation ? (4 noms)
Pointeur de tête : Perrier
Pointeur second : Suini
Tireur de tête : Granaglia
Tireur second : Cheviet

